L’INAMI fait un feed-back individuel à tous les médecins généralistes

L’INAMI donne à tous les généralistes en activité un nouvel aperçu individuel de leur comportement en matière de prescription. Ceci dans le but d’améliorer encore la qualité des soins dispensés à leurs patients. Sous la loupe : la vaccination contre la grippe, les antibiotiques et l’imagerie médicale

La qualité des soins en médecine générale

Ce rapport d’activité individuel (ou « feed-back ») se base sur des indicateurs de qualité choisis et validés en concertation avec les représentants des médecins généralistes de Domus Medica et de la Société scientifique de médecine générale. Les thèmes abordés figurent parmi les priorités du CNPQ (Conseil national pour la promotion de la qualité).

Pour la première fois, ce rapport d’activité s'adresse aux pratiques de médecine générale (pratique en solo ou en groupe). Chaque médecin généraliste concerné reçoit par courrier une analyse synthétique des résultats. L'analyse complète est mise à disposition ce 7 février via l'eHealthBox. Elle s’accompagne pour les différents thèmes abordés des recommandations en vigueur fondées sur les données probantes.

Le rapport comprend des données sur la prescription :

  • de certains médicaments
  • de tests de biologie clinique
  • d'imagerie médicale
  • d’examens préopératoires.

Les résultats de la pratique individuelle sont comparés à ceux d'un groupe de référence. Le rapport d’activité a été conçu comme un outil de travail positif, dans le but d'encourager la réflexion et l'amélioration des procédures au sein de sa propre pratique. De cette façon, ensemble, nous pouvons évoluer vers une médecine de soins de 1re ligne basée davantage encore sur des données probantes et sur une prestation de soins de 1re ligne de haute qualité.

Soutenir la qualité des soins infectieux

L'hiver est le bon moment pour réfléchir sur la qualité des soins infectieux. Les données des rapports montrent que, en 2016, moins d'1 médecin généraliste sur 10 a vacciné contre la grippe un minimum de 75 % de leur patientèle âgée de 65 ans et plus. L'Organisation mondiale de la santé vise cet objectif du fait que ces patients courent un risque plus élevé de complications en cas de grippe.

Cette même année, dans la moitié des cabinets, plus d'1 patient sur 3 a reçu au moins une prescription d’antibiotique. Enfin, plus de la moitié de toutes ces prescriptions ne portaient pas sur un choix de première intention mais sur des antibiotiques à large spectre. Pourtant, la plupart des infections les plus fréquentes guérissent spontanément et, si un antibiotique est nécessaire, un antibiotique avec le spectre le plus étroit possible est recommandé, comme l'amoxicilline pour les infections des voies respiratoires et la nitrofurantoïne pour les infections non compliquées des voies urinaires chez les femmes et les enfants.

Pour aider les médecins généralistes à prescrire moins d'antibiotiques en toute sécurité, le rapport d’activité fait référence à la formation du même nom sur la plate-forme en ligne d'apprentissage de l'INAMI : www.e-learninghealth.be. Ces rapports d’activité individuels de l'INAMI peuvent encourager les médecins généralistes à améliorer la qualité des soins infectieux.

Encourager à limiter les prescriptions d'imageries médicales au strict nécessaire

La dernière campagne "Les images médicales ne sont pas des photos de vacances" date de 2016. Ces campagnes ont informé les citoyens sur l'utilisation correcte de l'imagerie médicale en général et ont mis l'accent sur les groupes sensibles tels que les femmes enceintes et les enfants. L'évaluation des campagnes générales révèle qu'elles ont une grande portée et les citoyens indiquent être mieux informés grâce à ces campagnes et être enclins à poser des questions à leur médecin plus rapidement. Cela s'est traduit, entre autres, par une diminution du nombre d’examens CT chez les enfants et les adolescents de moins de 20 ans.

Cependant, les chiffres de l'INAMI montrent que la consommation de CT dans notre pays continue d'augmenter dans l'ensemble. L'utilisation efficace de l'imagerie médicale est essentielle. La BELMIP (Belgian Medical Imaging Platform) préconise une approche dans laquelle une distinction est faite entre les examens justifiés (essentiels pour de bons soins de santé et dont les avantages l'emportent sur les risques radiologiques) et les examens non justifiés (exposant inutilement les patients aux rayonnements ionisants et pesant sur le budget santé). Les recherches montrent que de nombreux examens ne sont pas encore suffisamment justifiés.

Focus sur les CT-scans pour le bas du dos

En collaboration avec la BELMIP, l'INAMI a identifié des domaines dans lesquels des améliorations sont possibles. Un de ces domaines est celui des CT du bas du dos, encore trop souvent prescrits alors que ce n'est pas approprié ou qu'une IRM est préférable. Bien sûr, les personnes souffrant de maux de dos veulent d'abord être aidées. Beaucoup de patients, cependant, ont l'idée que si aucun examen n'est prescrit, leur plainte n’est pas prise au sérieux. Cela conduit à des examens inutiles qui ne contribuent pas au suivi et à la guérison du patient. Une étude belge réalisée en 2015 montre que 71 % des examens de CT du bas du dos ne sont pas justifiés. Cela génère une exposition inutile pour la population en raison des examens diagnostiques et pèse sur le budget des soins de santé.

Avec ce rapport d’activité individuel, l'INAMI veut donner aux médecins généralistes un aperçu de leur comportement en matière de prescription pour les encourager à limiter la prescription d'imagerie médicale au strict nécessaire et éviter ainsi des examens inutiles (à forte intensité de radiation). Parce que l'imagerie médicale est importante, mais il est dans l'intérêt de tous de l'utiliser de manière économique et prudente.

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