Centres de référence et centres spécialisés en radiothérapie pour traiter les cancers de la tête et du cou
13-07-2026
L’INAMI conclut une convention avec les médecins, les hôpitaux et les mutualités
Ce 13 juillet, le Comité de l’assurances de l’INAMI a approuvé la convention type portant les conditions pour rembourser, dans les centres de référence, les soins complexes dispensés aux patients atteints de tumeurs malignes de la tête et du cou (ou cancer ORL). Le regroupement des expertises dans ces centres est la garantie de soins de qualité et multidisciplinaires pour les patients atteints de ces cancers complexes.
Sur cette page :
Prendre en charge des cancers complexes nécessite une expertise approfondie
En Belgique, un cancer de la tête et du cou est diagnostiqué chez environ 2.700 personnes chaque année. Il s’agit d’un ensemble de différents types de cancers, qui nécessitent chacun une approche multidisciplinaire adaptée.
Aussi bien le diagnostic que le traitement et les soins post-opératoires nécessitent une expertise approfondie, en raison des nombreuses structures anatomiques étroitement entrelacées et des nombreux tissus, à cet endroit du corps, ainsi qu’en raison de l’interaction complexe avec des fonctions corporelles essentielles telles que la respiration, la déglutition et la parole.
Le traitement peut comprendre la chirurgie, la radiothérapie ou des médicaments, ou une combinaison de ces traitements.
Organiser les soins dans des centres de référence et des centres spécialisés en radiothérapie
La convention définit les conditions applicables aux centres de référence et centres spécialisés en radiothérapie pour l’organisation de :
- consultations multidisciplinaires en oncologie
- opérations chirurgicales
- radiothérapies avec ou sans médicaments.
Les centres de référence assurent la consultation oncologique multidisciplinaire de chaque nouveau patient, au cours de laquelle différents professionnels de santé élaborent ensemble un plan de traitement. Ils assurent de plus la chirurgie complexe et la radiothérapie, avec ou sans administration simultanée de médicaments. Les patients peuvent aussi recevoir une radiothérapie, avec ou sans médicaments, dans des centres spécialisés en radiothérapie, qui travaillent en étroite collaboration avec les centres de référence.
Les recommandations nationales et internationales soulignent l’importance de concentrer l’expertise pour garantir la qualité des soins à tous les patients atteints d’un cancer de la tête et du cou. Une étude menée par la Fondation du Registre du cancer (2016-2019) confirme l’existence d’un lien positif entre le nombre annuel de patients traités par un centre et les chances de survie sur une période de 5 ans après le diagnostic. Les chances de survie augmentent à mesure que le volume de traitements augmente, avec un seuil d’au moins 30 traitements par an. Aujourd’hui, les patients sont traités dans 99 hôpitaux différents, avec un nombre médian de traitements par hôpital qui n’est que de 8 patients par an environ.
Se concerter pour parvenir à un accord soutenu par le secteur
La convention actuelle a parcouru un long chemin, débuté en septembre 2022 avec la mise en place d'un groupe de travail dont les membres sont venus de l'ensemble du secteur. Résultat : un accord largement soutenu, fruit d'une concertation au cours de laquelle les différents points de vue ont été entendus et un consensus trouvé.
« L'INAMI a pour mission de financer et de rembourser des soins à la fois accessibles et de qualité. Comme la science et les données en ont fourni les preuves, la concentration des soins complexes contre le cancer dans des centres spécialisés est nécessaire pour augmenter les chances de survie des patients. Pour que cette concentration soit un succès, tant en théorie qu’en pratique, une concertation approfondie est menée avec tous les partenaires, en particulier avec les médecins et les équipes soignantes concernés. C’est précisément là l’ADN de l’INAMI : s’appuyer sur la science et les preuves, et, grâce à la concertation avec tous les partenaires impliqués, parvenir à des soins accessibles, abordables et de qualité pour le patient », déclarent Pedro Facon, Administrateur général de l’INAMI, et Mickaël Daubie, Directeur général du Service des soins de santé.
À quelles conditions un centre peut-il adhérer ?
Pour être éligible en tant que centre de référence, un centre doit avoir réalisé, pendant 5 ans, la partie centrale de 30 traitements au moins par an pour des patients chez lesquels un cancer de la tête et du cou a été nouvellement diagnostiqué. De plus, les centres de référence doivent avoir réalisé, sur une base annuelle et en moyenne, un traitement chirurgical pour 30 patients au moins, et un traitement de radiothérapie pour 30 patients au moins. Les centres spécialisés en radiothérapie doivent, eux, avoir réalisé, sur base annuelle en moyenne et pendant 5 ans, la partie centrale de 30 traitements au moins, et au moins 30 traitements de radiothérapie. À côté de ces critères de volume, les centres doivent disposer d’une équipe multidisciplinaire spécialisée et d’une infrastructure adaptée.
La convention sera suivie grâce à l’enregistrement de données, qui permettront de produire des rapports annuels spécifiques à chaque centre.
⚠️ Les hôpitaux qui veulent introduire leur candidature trouveront plus d’informations concernant les conditions d’adhésion sur notre page web relative à la convention cancer de la tête et du cou.
Centraliser l’expertise réduit la mortalité aussi lors d’autres cancers complexes
Le 1er juillet 2019, l'INAMI avait conclu des conventions relatives à la chirurgie complexe de l'œsophage et du pancréas avec des centres sélectionnés. Au cours de la période précédant ces conventions (2015 à 2018), la mortalité moyenne dans les 90 jours suivant ces opérations complexes s'élevait à 9,6 % pour l'œsophage et à 7,3 % pour le pancréas. L'analyse de la première période couverte par ces conventions (jusque fin 2022) montre une diminution de cette mortalité qui s’élevait alors à 6,5 % pour l'œsophage et à 5,4 % pour le pancréas. Les résultats au cours de la 6e et plus récente année de convention font état d’une mortalité moyenne observée à 90 jours après l'opération chirurgicale qui est respectivement de 3,1 % et 3,4 %.
En plus d’améliorer les performances moyennes de ces opérations complexes, la centralisation a favorisé l'émergence d’associations scientifiques. Ces associations sont devenues une plateforme solide de collaboration et de partage des connaissances entre les experts des différents centres, et ce, par-delà les frontières linguistiques. L'INAMI espère que les conventions pour lutter contre les cancers de la tête et du cou favoriseront une collaboration et un partage des connaissances similaires.
Sur le site web de l’INAMI, vous pourrez retrouver :
- Le texte complet de la future convention “cancer tête et cou”
- Les résultats de la 6e année de convention “chirurgie complexe œsophage »
- Les résultats de la 6e année de convention “chirurgie complexe pancréas »
- Pour les hôpitaux qui veulent introduire leur candidature : informations concernant les conditions d’adhésion sur notre page web relative à la convention cancer de la tête et du cou.